Le Burundi accueille pour la première fois le Forum sur la Gouvernance de l’Internet en Afrique centrale
Du 16 au 21 février 2026, le Burundi a organisé, pour la première fois de son histoire, le Forum sur la Gouvernance de l’Internet réunissant onze pays membres de l’Afrique centrale. Placé sous le Haut Patronage du Gouvernement de la République du Burundi, cet événement d’envergure régionale s’est tenu au Palais des Congrès de Kigobe autour du thème central: « Le numérique: catalyseur d’innovation, d’inclusion et de développement durable en Afrique centrale ».
Les cérémonies officielles d’ouverture, le mardi 17 février 2026, ont été rehaussées par la présence de Son Excellence le Premier Ministre, Nestor NTAHONTUYE, aux côtés des représentants des pays membres, ainsi que des jeunes et des femmes burundais engagés dans la transformation numérique.
Dans son allocution, le Premier Ministre a souligné que, dans le contexte des discussions liées au processus post-SMSI+20, l’Afrique centrale doit parler d’une seule voix afin de défendre ses intérêts et contribuer activement à l’élaboration des règles qui structureront l’avenir numérique mondial. Il a insisté sur le rôle stratégique de la jeunesse, créative, connectée et ambitieuse, qui attend des décisions courageuses et des politiques cohérentes. L’inclusion des femmes et l’accès équitable aux technologies ont été présentés comme des conditions essentielles de stabilité et de prospérité durable.
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Prenant la parole, le Ministre des Finances, du Budget et de l’Économie Numérique a rappelé que depuis le Décret n°100/002 du 05 août 2025 portant structure, fonctionnement et missions du Gouvernement, le Ministère assume une triple mission: finances publiques, budget de l’État et économie numérique. Cette architecture institutionnelle innovante traduit la Vision nationale d’un Burundi émergent en 2040 et développé en 2060, où le numérique constitue un levier transversal de compétitivité, d’inclusion et de souveraineté.
Il a également indiqué que dans le cadre du Programme pays de stabilisation macroéconomique 2025–2027, le Burundi a engagé des réformes visant à restaurer les équilibres financiers, renforcer la mobilisation des ressources domestiques et améliorer la qualité de la dépense publique. La digitalisation de l’administration fiscale, le développement des paiements électroniques et la modernisation des systèmes publics s’inscrivent pleinement dans cette dynamique, au service d’une gouvernance plus transparente et plus efficace.
Le Ministre a salué les initiatives de coopération technique avec des partenaires tels que l’Union Africaine, la GIZ, l’ICANN, l’AFRINIC et l’ISOC, qui contribuent à transformer les orientations politiques en cadres normatifs opérationnels, notamment en matière de protection des données et de souveraineté numérique. Il a également reconnu le rôle central du secteur privé, notamment des opérateurs de télécommunications, des fournisseurs d’accès à Internet et des entreprises technologiques actives au Burundi.
Durant les trois premiers jours, les travaux ont été structurés autour de panels thématiques de haut niveau.
La première journée a été consacrée aux jeunes et aux femmes acteurs de l’économie numérique. Les échanges ont porté sur les politiques numériques, les défis de l’entrepreneuriat et le potentiel des technologies émergentes au service du développement régional. La blockchain a été présentée comme un outil de sécurisation et de transparence des transactions, l’intelligence artificielle comme un levier d’efficacité et d’innovation dans les services, tandis que les solutions numériques de paiement ouvrent de nouvelles perspectives pour les entreprises émergentes.
La deuxième journée s’est tenue sous le thème « Dialogue de haut niveau : souveraineté, engagement politique et alignement global SMSI+20 ». Les discussions ont convergé vers la nécessité pour chaque État de disposer d’infrastructures de télécommunication robustes et de mécanismes solides de protection des données. Les participants ont souligné l’importance d’un cadre légal et réglementaire harmonisé au niveau sous-régional pour la protection des données, tout en reconnaissant les défis liés à la cybersécurité, à la fiscalité, aux barrières politiques et aux inégalités technologiques.
La troisième journée a été consacrée à la validation de la feuille de route 2026, issue des recommandations formulées lors des panels. Cette feuille de route constitue un cadre d’action concret pour renforcer la coopération régionale et consolider la gouvernance numérique en Afrique centrale.
Le Forum, d’une durée totale de six jours, a été officiellement clôturé le 21 février 2026 par Son Excellence le Premier Ministre. Les quatrième et cinquième journées ont été dédiées à un sprint opérationnel, tandis que la sixième journée a permis des visites d’immersion sur le terrain afin d’illustrer les initiatives numériques en cours au Burundi.
À travers l’organisation de ce Forum, le Burundi réaffirme son positionnement comme acteur engagé de la gouvernance numérique régionale. Cet événement s’inscrit pleinement dans la Vision nationale 2040–2060 et dans la dynamique du Programme de stabilisation macroéconomique, qui reconnaissent le numérique comme un pilier stratégique de transformation structurelle, de souveraineté et de développement durable.
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